ELGG: un pas en avant, deux pas en arrière!

On assiste à un engouement croissant autour d’ELGG. Les communautés ELGG fleurissent comme des champignons dans le monde de l’éducation: pour preuve Online Educa Berlin a aussi souscrit à un espace ELGG: Social Networking Platform at Online Educa Berlin. George Siemens conseille de laisser tomber les LMS et d’ouvrir un espace sur ELGG espaces. Pour info, ELGG spaces est un service payant servant à créer des instances d’ELGG mis en place par la société Curverider créée par Dave Tosh et Ben Werdmuller. Les créateurs de ELGG, l’application web open source.

Je ne parlerai pas ici, de l’ouverture/fermeture du projet d’ELGG aux développements externes, du manque de visibilité des protocoles pour la collaboration comme par exemple dans le cadre du développements des plugins ou des localisations, de l’absence d’espace déclaré où l’on trouve les localisations ou la listes des plugins existants…

Je ne parlerai pas non plus de la surprise que certains utilisateurs d’ELGG ont dû avoir quand ils ont découvert en haut de leur side bar les AddSense de Google. Quelqu’un a-t-il notifié de ce changement majeur? Moi je n’ai pas reçu de notification. Et croyais moi que ça me mettrait de très mauvaise humeur d’avoir souscrit à un service qui n’avait pas de publicité et découvrir tout à coup dans cet espace où je produis du contenu que d’autres se font du pognon au jeu du pay per clic. Je suis d’accord sur le fait qu’il faut trouver le moyen de payer ou plutôt de se faire payer les services gratuits que l’on offrait auparavant pour attirer du monde. Les start up du web 2.0 commencent enfin à dévoiler leur modèle économique. Mais les utilisateurs doivent être tenus au courant. J’aurais souhaité ne serait-ce qu’un billet pour me prévenir de ce changement et aussi la possibilité de nettoyer mon espace dorénavant add-supported via un compte pro comme chez Flickr. Heureusement que mon compte sur ELGG ne sert qu’à pointer sur ce blog. À un moment j’avais même envisagé d’utiliser la fonction “populate this blog” avec le fil RSS de esphères identitaires, maintenant c’est hors de question!

Mon intention dans ce mail était est de partager mon expérience utilisateur. D’abord, le pas en avant. Ce que j’aime et pourquoi je conseille parfois d’utiliser ELGG. Avant tout c’est la possibilité de disposer d’un environnement de social networking en Open Source. Bravo les gars c’est une excellente initiative et un levier pour impulser l’utilisation des logiciels sociaux en éducation. A partir de là certaines fonctionnalités me séduisent particulièrement: le fait de pouvoir visualiser les connexions établies au sein du réseau, d’utiliser l’engin de recherche pour naviguer dans les intérêts ou les compétences des utilisateurs, la création des groupes et de communautés à souhait, la publication ciblée des billets… Tel que l’affirme George Siemens on peut très bien utiliser ELGG pour mettre en place un programme d’apprentissage sur fond de connectivisme!

Ensuite les deux pas en arrière. Ce qui explique pourquoi, en tant qu’utilisatrice de blogs open source dignes de ce nom, je ne migrerai pas jamais sur ELGG. Si l’outil est plus que correct dans ces fonctionnalités sociales, le bât blesse quand il est question de l’édition de contenu: une fonctionnalité centrale du système car tous les noeuds du réseau agissent en tant que producteurs de contenu via leur blog. Pour n’importe quel blogueur rodé dans l’utilisation de WordPress ou DotClear, pour ne parler que des applications Open Source, c’est l’âge de pierre du blogging. Je n’exagère guère. L’outil es peu convivial et pas du tout flexible.

Au titre des aspects déroutants:

  • L’éditeur de contenu du blog ne fonctionne pas sur IE. D’accord je n’utilise pas IE, mais des millions d’étudiants dans le monde utilisent IE. C’est quoi cette discrimination positive en faveur de Firefox? Allons-nous tomber dans les mêmes mauvaises pratiques qu’on a connu pendant années: “ce site est optimisé pour IE”? Notre seul soucis devrait être le respect des standards.
  • Ensuite lorsqu’on copie-colle dans l’éditeur depuis Microsoft Office ou Open Office, ils ramène la trace de la mise en forme du texte original en mettant des étiquettes partout. Alors là c’est la folie. Presque impossible de nettoyer le texte. Il y a des étiquettes qui persistent… Enfin, il faut obligatoirement passer par le note pad pour nettoyer le texte avant de le coller ou se contenter d’écrire dans la mini-fenêtre d’édition.
  • Lorsqu’on est en train d’éditer et que l’on clique par mégarde sur les boutons avant-arrière du navigateur ou que l’on ferme la fenêtre, toutes les informations sont perdues. Alors que la plupart des outils de blog envoient un avertissement pour prévenir que l’on quitte la page sans avoir sauvé le billet. Vous n’avez pas droit à l’erreur!
  • Vous ne pouvez pas garder votre billet en état de brouillon et continuer de l’éditer. Non, vous devez sauvegarder le billet en état <Privé>, le billet publié s’affiche et ensuite cliquer sur éditer. Fichtre! Deux clics! Vous direz que c’est pas beaucoup mais si vous êtes en train d’éditer un billet et que vous voulez sauvegarder progressivement car l’application ne pardonne par l’erreur, la formule 2 clics pour sauvegarder+éditer*nº de sauvegardes vous prendra vite la tête.
  • Vous ne pouvez pas changer les attributs d’un billet, à part le titre, le contenu et le destinataire. C’est-à-dire que vous ne pouvez pas par exemple créer des URL significatives, que vous ne pouvez pas changer (antidater ou postdater) la date de création du billet, que vous ne pouvez pas changer l’ordre de vos billets…
  • Vous ne pouvez pas affecter vos posts à des catégories ou à des multicatégories.
  • Le système de gestion de ressources est géré indépendamment du blog de sorte que vous devez d’abord aller uploader le fichier dans une autre fenêtre de l’application pour ensuite pouvoir appeler le fichier depuis le billet; alors que la plupart des outils de blogs permettent d’insérer des médias depuis la fenêtre d’édition du billet.
  • Les tags ne sont pas utiles (i.e. cliquables) que lorsque il y a deux occurrences dans le système, autrement ils ne seront pas reconnus. Impossible donc de naviguer à travers les tags ou d’accéder à des nuages des tags par utilisateur où tous les tags seraient cliquables. La seule navigation possible est la navigation anté-chronologique et via les archives.

J’oubliais! Du côté de l’administration du système l’impossibilité d’effacer les communautés créées et même les utilisateurs! Ceci n’est pas une liste exhaustive car à l’usage je découvre des nouveaux pour et contres. Donc ce billet aura certainement une suite.

Alors sur quoi je mise? Vous souhaitez mettre en place un système de social networking? Alors oui, installez ELGG. Mais vous pouvez jouer avec d’autres application open source. Vous voulez blogguer, oubliez ELGG et installez un Dotclear ou un WordPress!

Le futur? Des technologies qui nous permettront de socialiser et de créer notre réseau tout en respectant notre liberté de choix quant à l’outil de publication personnelle! Entre temps, si vous utilisez ELGG, ne forcez pas vos élèves à avoir un blog sur ELGG, donner leur la possibilité de conserver leur outil de blog performant et demandez-leur juste de “peupler” leur blog ELGG depuis leur fil RSS.

UPDATE du 25 novembre 2006:

Ce post a été repris tel quel cité en partie dans e-learning, conocimiento en red y web 2.0. J’avoue quand même que lorsque je tombe sur un blog la première chose que je fais, c’est me renseigner sur l’identité de la personne qui l’écrit. Et ça m’énerve déçoit quand je ne trouve aucun indice sur le blogueur. Ensuite je me demande pourquoi on reprend des articles entiers dans d’autres blogs. Quelle est la valeur ajoutée? Lorsque je cite quelqu’un, je rajoute toujours “une couche”, je donne mon avis… que sais-je. Enfin passons. Il y a autant de pratiques que de blogueurs dans ce monde! ;-)

Je sais déjà que Philippe Verstraete d’EIfEL, trouve dommage que mes commentaires soient fermés. C’est pour cause de SPAM Philippe! J’ai commencé par les trackbacks et ensuite j’ai fermé les commentaires. Dès que j’installerai le nouveau DotClear2, je les ouvrirai à nouveau.

Au fait, Philippe répond à un post de Ben Werdmuller dans lequel il clarifie que ELGG restera toujours libre: Elgg will always be open source. Face aux rumeurs selon lesquelles ELGG pourrait être comercialisé Ben demande : Additionally, we would appreciate it if you could pass any material that states otherwise to us, so we can take appropriate action. Thanks. Dans le premier commentaire Narcis Vives apporte ce post comme preuve. Je rêve! (Au passage j’aurais bien aimé une fonctionnalité qui me pointe vers le site de cette personne. J’ai googlé et pas trouvé son site).

Mr. Vives, dans ce post je me surprends de trouver mon blog dans un elgg.net ad-supported sans avoir été prévenue, je pose clairement la question de l’ouverture du projet ELGG aux développements externes et je rends compte de mon expérience utilisateur d’elgg (si, si l’application web open source dont nous avons installé une instance sur notre serveur en version 0.651) La différence entre elgg et elggspaces est pour moi très claire, contrairement à ce que vous laissez entendre. D’ailleurs il n’est pas question d’elggspaces dans ce post.

UPDATE du 30 décembre 2006:

Je me demande toujours pourquoi on reprend des articles entiers dans d’autres blogs. C’est une pratique courante. Il y a des “hubs” de blogs, c’est comme ça. Toutefois Eraser qui ecrit dans e-learning, conocimiento en red y web2.0 n’a pas repris mon post en entier juste repris le titre du post et cité les deux premiers paragraphe. D’ailleurs la question de la reprise, citations et référencements divers est évoquée par lui dans Sobre la “doble viralidad” de la blogosfera : A propósito de mi post referenciando a Margarita Pérez García “sphères identitaires”.

Ce dernier post d’Eraser m’a permis de m’interroger sur mes propres pratiques quant au référencement. Ce que je fais et pourquoi je le fais. Sachant que je suis ouverte à la diversités de pratiques de référencement, bien qu’il y ait certaines qui me sont plus proches et d’autres que j’ai un peu plus de difficilté à comprendre. Je vais donc aborder ce sujet dans un post à venir.



3 Responses (Add Your Comment)

  1. Merci pour cette vision utilisatrice. Néanmoins, quand on parle de respect des standards, ne citons pas IE comme victime, s’il vous plaît !

    S’il y a bien quelqu’un qui empêche les webmasters de tourner en rond, c’est bien ce navigateur qui use de sa position de leader pour se détacher des normes quand il ne peut pas les imposer.

    Le W3C, ca existe, c’est pas fait pour s’essuyer les pieds, et en plus Microsoft y participe ! (surement plus pour définir sa politique de développement que pour faire avancer les débats…)

  2. Bonjour,

    Ce post a été écrit il y a deux ans, suite à une expérimentation lancée avec 200 restaurateurs en Andalousie, en Espagne. 2 ans en arrière Fx était moins répandu. Et tous les participants au pilote étaient sur IE. Pas moyen de les faire changer.

    A me relire, je me trouve très maladroite dans la formulation. Mon point était davantage que l’éditeur de texte de ELGG ne fonctionnait pas sur IE. Non pas de positionner IE comme victime des efforts de standardisation. D’autres applications conformes aux standars telles que Dotclear ou WordPress tournaient sur IE sans grand problème. Donc elles étaient à la fois conformes aux standards mais aussi utilisables par tous, indépendamment du navigateur. Souvent l’utilisateur final ne comprend rien aux standard, il veut juste que ça marche partout!

    Aujourd’hui, ELGG. Je n’en sais plus grand chose. Je ne l’ai plus utilisé depuis!

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